Augmentations : la transparence à tout prix ! [20.03.08]

Publié le par clcv-loire-atlantique.over-blog.com

L'enquête de la CLCV révèle une augmentation moyenne de 5,4 % constatée sur 24 produits alimentaires de marque entre août 2007 et janvier 2008. Un résultat sans surprise de l'enquête CLCV qui compare les prix qu'elle a relevé dans 100 grandes surfaces en janvier 2008 aux prix relevés dans 250 grandes surfaces en Aout 2007 fournis par un comparateur de prix . Rien de très extraordinaire dans une période où les enquêtes rivalisent d'ambition pour dénoncer les augmentations que subissent actuellement les consommateurs. Pourtant, à y regarder de plus prés, l'étude détaillée des quelques 14 000 prix analysés souligne certaines réalités sur la nature de ces hausses.

Car, au delà des enseignements ordinaires concernant les hausses au niveau national, plus fortes pour les yaourts avec +13% à +17%, de +6% à +10% pour les glaces, +8% pour les pâtes fraiches, ou encore +7% à +9% pour le chocolat, l'analyse par enseigne nationale démontre l'hétérogénéité des comportements des enseignes nationales en matière de politique tarifaire.

Hausses variables d'un distributeur à l'autre !

Premier enseignement, pour l'ensemble de notre sélection de produits, la hausse globale varie de +1,8% à +8,5% d'une enseigne nationale à l'autre. La décomposition par produit s'avère encore plus démonstrative. Le même yaourt augmente de 24% nationalement dans une enseigne contre seulement +12% dans une autre. Toujours plus remarquable, une pizza surgelée augmente elle de 20% en moyenne dans une enseigne alors qu'elle connaît une baisse de -7,9% chez un de ses concurrents. Des poissons surgelés qui augmentent de +18,9% chez l'un et baissent de -14,7% chez l'autre.

Des prix à la tête du client !


Et que dire des différences de prix constatées au niveau national entre les magasins d'une même enseigne. Pour l'ensemble des produits, 28% d'écart entre les prix les plus bas et les plus hauts constatés au sein d'une même enseigne. La palme revenant aux plats préparés et surgelés ainsi qu'aux glaces, qui peuvent être de +35% à +44% plus chères d'un magasin à l'autre d'une même enseigne, un résultat d'autant plus surprenant que ces produits sont parmi les plus chers de notre sélection.

Surgelés et plats cuisinés plus chers en Ile-de-France !

Autres illustrations, les augmentations sont 2,8% supérieures en région parisienne. Et une étude complémentaire d'indiquer des prix moyens de +3% à +22% plus chers en île de France pour les plats surgelés et les plats cuisinés, alors que les prix des autres produits sont en moyenne équivalents.

Des disparités qui démontrent que les distributeurs disposent de véritables marges de manœuvre en matière de politique tarifaire, marges de manœuvre qui ne bénéficient que trop rarement aux consommateurs. Peu contraints par le jeu de la concurrence, les distributeurs adoptent des stratégies locales de prix et d'augmentation, profitant du manque d'information des consommateurs et de l'opacité qu'offre ce secteur.

Augmentation des cours du lait : la tarte à la crème !


En décembre 2007, les cours du lait sont au plus haut, à 6,1 cents au litre de plus qu'un an auparavant. Pour les yaourts de notre sélection, cette augmentation engendre un surcoût de production de 3 à 4,5 cents, surcoût qui se traduit miraculeusement par une hausse du prix de vente hors taxes de 21 à 30 centimes. A qui profite le crime ?

60% de différence de prix pour le même produit !

Enfin, l'enquête récente menée par l'administration constate que les 500g de pates Capellini Barilla sont en moyenne 40% plus chères chez Carrefour que chez Géant, et que le blanc de dinde Fleury-Michon, est 60% plus cher en moyenne chez Auchan que chez Leclerc. Incompréhensible !

Les marques et enseignes de la grande distribution, moins avares en slogans populaires qu'en informations sur les prix, ont sans doute quelques bonnes explications à nous fournir. Nous ne les attendrons pas et demandons dès à présent des mesures pour en finir avec l'opacité des politiques tarifaires de la grande distribution, et pour permettre l'entrée de nouveaux acteurs sur le marché Français.

En attendant, nous poursuivrons notre enquête jusqu'à fin 2008 pour étudier notamment l'impact réel de la suppression des marges arrières. Les augmentations s'étant poursuivies de plus belle en Février, nous attendons avec impatience les résultats de notre prochain relevé. D'autant que les cours du lait ont baissés depuis le début de l'année, dés l'or, nous nous attendons évidement à une baisse massive du prix des produits laitiers !

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