Paroles de bénévoles dans le cadre des permanences juridiques

Publié le par clcv-loire-atlantique.over-blog.com

Nous avons choisi d'interviewer deux bénévoles membres de l'équipe qui tient les permanences juridiques à la Manu le jeudi après midi :
Annick REMINIAC et Louisette MOUEZY.

Annick, 70 ans, a débuté le bénévolat à la CLCV de la Loire-Atlantique en 2005. Louisette, 66 ans, a rejoint l'association en 2007. Toutes deux avaient entendu parler de la CLCV bien avant de venir y consacrer du temps : Annick connaissait l'association qui était active dans son quartier et était déjà adhérente, Louisette, qui travaillait dans le secteur social, encourageait les personnes qu'elle accompagnait, à adhérer à l’association de consommateurs.

Quand on leur pose la question de leur motivation à faire du bénévolat, on découvre qu'elles ont toujours « baigné » dans le monde associatif et que c'était une évidence pour elles de donner de leur temps une fois à la retraite. Elles sont d'ailleurs impliquées dans d'autres associations et ne manquent pas d'activités. Louisette est membre du Mouvement du Nid (lutte contre la prostitution ; www.mouvementdunid.org) et apporte son aide une fois par semaine à la boutique d'Artisans du Monde (vente de produits issus du Commerce équitable ; www.nantes.artisansdumonde.org). Annick, quant à elle, a choisi de s'investir dans des activités artistiques : théâtre, chant (participation au collectif vocal Urban Voice)...

Le bénévolat semble donc quelque chose de naturel pour elles, mais pourquoi avoir choisi de venir tenir des permanences de défense des consommateurs, d'autant qu'elles l'avouent toutes deux : « elles n'y connaissaient rien », et Annick même de préciser : « le droit n'était pas mon domaine, je n'aimais pas plus que ça ». Leurs réponses se rejoignent sur certains points : la défense d'un public qui rencontrent des difficultés et la dimension collective de l'association. Pour Louisette, « on s'aide les uns les autres », la CLCV accompagne les consommateurs, « on n'est pas dans de l'assistanat ».

Elles apprécient également les relations humaines liées à l'accueil en permanence. Annick insiste beaucoup sur cet aspect qui pour elle est primordial. Louisette ajoute que l'on retrouve aussi dans les permanences une volonté de responsabiliser le consommateur qui passe notamment par la prise d'adhésion, « respecter les gens c'est aussi leur apprendre à se responsabiliser dans la dimension collective. Il peut y avoir adhésion même s'il n'y a pas de litige ».

Pour Annick les permanences sont « un lieu où l'on apprend beaucoup de choses, sur les gens et sur le droit ». On est loin de l'image souvent rigide du domaine juridique : « la loi n'est pas que répressive, elle est aussi structurante » précise Louisette. Le droit ne leur fait plus « peur » comme lorsqu'elles ont débuté les permanences. Aujourd'hui Annick dit « maîtriser ce qu'elle va dire » aux personnes venant demander conseil, « ce qui est permis par la formation et par l'expérience ». La formation des bénévoles, par les salariés CLCV, est une initiative qu'elles apprécient toutes les deux car cela leur permet d'apprendre toujours plus mais aussi d'être en complémentarité avec les salariés de l'association. Louisette apprécie particulièrement cet échange bénévoles-salariés, « on se forme les uns les autres ». On peut aussi « mettre les choses sur la table, réajuster quand le fonctionnement ne correspond plus aux attentes de chacun ».

En dehors de l'activité de permanence, ce qui plaît également à Louisette à la CLCV, c'est l'approche que l'association a de la consommation responsable. Consommation ne veut pas dire surconsommation. Annick aime aussi le côté apolitique de la CLCV. La diversité de domaines et de personnes fait que chacun peut y trouver sa place.

Elles sont d'ailleurs prêtes à s'investir plus. Elles participent déjà à la Commission consommation de l'Union Départementale CLCV et à la mise en place d'actions d'information sur le terrain, comme lors de l’animation « Stop Arnaques » destinée à prévenir les abus dont sont victimes les personnes âgées (démarchage à domicile ou par téléphone, loteries publicitaires...). Elles se sont volontiers prêtées au jeu en participant à la création cette animation qui se décline sous forme de petits sketchs. Ils ont été présentés pour la première fois en octobre dernier devant plus de 150 personnes à Abbaretz, lors d'une journée d'information organisée par la communauté de communes de Nozay.

Lorsqu'on leur demande ce qu'elles pourraient dire pour inciter d'autres bénévoles à rejoindre l'association et venir comme elles apporter aide et compétences, Annick met en avant l'importance des associations de consommateurs qu'il faut continuer de faire vivre et leur utilité dans la société actuelle. Louisette reprend l'aspect de la diversité présente à la CLCV qui permet d'être « mis en relation avec plein d'autres choses ». On peut aussi ajouter, parce qu'elles ne l'ont pas abordé, les amitiés qui se créent car Annick et Louisette forment une équipe au delà des permanences et se retrouvent en dehors de la CLCV pour partager des moments de loisirs : cinéma, spectacles... Enfin, on peut se poser la question suivante : le bénévolat ne permettrait-il pas en plus de « rester jeune » ? En effet, quand on voit Annick et Louisette, qui disent apprécier le côté intergénérationnel que l'on trouve à la CLCV, on peut se demander s'il y a vraiment des « jeunes » et des « moins jeunes », car quand on fréquente ces deux bénévoles, cette distinction n'a plus cours !

 

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