Qualité de l’air : les citadins au bord de l’asphyxie

Publié le par clcv-loire-atlantique.over-blog.com

L’Organisation Mondiale pour la Santé (OMS) et l’Institut de Veille Sanitaire (InVS) sont formels : la pollution de l’air représente un risque environnemental majeur pour la santé, et notamment pour celle des citadins. Selon l’InVS et suite au projet européen Aphekom qui a évalué l’impact sanitaire et économique de la pollution atmosphérique dans 25 villes européennes, les neuf villes françaises ayant participé à cette étude s’inscrivent dans cette tendance. Dans un rapport portant plus spécifiquement sur ces neuf villes, l’institut démontre que les niveaux de pollution observés ont un impact fort sur la santé des habitants.

 

Pollution atmosphérique urbaine et impacts

city-pollutionLes villes françaises étudiées dans le cadre de ce projet - et également intégrées au Programme de surveillance air et santé (Psas) de l’InVS – sont Bordeaux, Le Havre, Lille, Lyon, Marseille, Paris, Rouen, Strasbourg et Toulouse. Elles représentent 12 millions d’habitants, dont 6,5 millions pour la zone de Paris.

Toutes ces villes présentent des valeurs de particules fines, de dioxyde d'azote et d’ozone supérieures à celles recommandées par l’OMS. Ainsi, entre 2004 et 2006, le niveau moyen de particules fines variait de 14 à 20 µg/m3 selon la ville (valeur guide de l’OMS : 10 µg/m3) et la valeur guide journalière de l’ozone (maximum sur 8 heures : 100 µg/m3) avait été dépassée de 81 à 307 fois pendant ces trois années.

Dans son Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire publié début janvier 2013, l’InVS rappelle qu’ ‘il est établi que l’exposition aux particules fines est responsable d’une augmentation de la mortalité par maladies cardiovasculaires et respiratoires’. Elle précise aussi qu’une hausse de 10 µg/m3 des indicateurs de pollution augmente les risques de 0,9 % à 1,4 % selon les pathologies – un risque encore accru passé 65 ans.

 

Améliorer la qualité de l’air : quels bénéfices sanitaires et économiques ?

D’après les experts de l’InVS, si les niveaux de particules fines étaient ramenés au seuil de 10 µg/m3, l’espérance de vie pourrait augmenter de 22 mois à Bucarest, ville la plus polluée des 25 villes évaluées en Europe. Pour les neuf villes françaises, le gain serait de 3,6 à 7,5 mois selon la ville, ce qui équivaut à différer près de 3 000 décès par an et à un bénéfice économique de 5 milliards d'euros.

Par ailleurs, si les concentrations moyennes annuelles de PM10[1] ne dépassaient pas la valeur guide de l'OMS (20 µg/m3), environ 360 hospitalisations cardiaques et 630 hospitalisations respiratoires dans les neuf villes seraient évitées et le bénéfice économique serait de 4 millions d'euros.

Enfin, en respectant la valeur guide de l'OMS pour le maximum journalier d'ozone soit 100 µg/m3, il y aurait environ 60 décès et autant d’hospitalisations respiratoires de moins par an, ce qui représenterait un gain de 6 millions d'euros. 

 

Quelles pistes privilégier ?

Autant la nécessité de diminuer la quantité de particules fines et ainsi la pollution atmosphérique en villes fait l’unanimité, autant les solutions pour y parvenir suscitent toujours débats et interrogations.

Certaines mesures ont déjà été mises en place comme la baisse du niveau de souffre dans les carburants, l’incitation à diminuer la vitesse ou la valorisation des transports en commun, des modes de transport vert (vélo, voiture électrique…) et des réseaux d’auto-partage tels qu'Autolib’ en région parisienne.

D’autres pistes sont à l’étude : la création d’un péage urbain, déjà testé à Londres et à Stockholm, la réduction du trafic de Paris à l'A86, notamment des poids lourds, ou encore l’interdiction du chauffage au bois…

 

©Photo : Peter Griffin


[1] PM10 : les PM10 sont des particules en suspension dans l'air, dont le diamètre est inférieur à 10 micromètres. Nom issu de l’Anglais Particulate Matter 10.

 

 

Publié dans Developpement durable

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